Gordes, village emblématique

Gordes : un village et une vue emblématique de la région. Connu dans le monde entier, et pourtant village aux nombreux secrets à percer. Chaque lieu regorge d’un petit quelque chose lié à la grande Histoire…

Un de ses secrets les plus connus, est la présence de nombreuses personnalités au cœur du village.

Gordes, village d’artistes

Séduits par la beauté du site et sa lumière si particulière, toute une pléiade d’artistes, éliront Gordes pour y vivre ou y travailler.

C’est le peintre André Lhote, qui le premier découvre Gordes en 1938. Il a possédé une belle maison et y revenu jusqu’à sa mort, beaucoup d’autres artistes lui ont emboité le pas, à commencer par Marc Chagall qui se cacha dans le quartier de Fontaine Basse et peignit-là, de 1940 à 1941 avant de partir pour New-York.

Après la guerre, une multitude de jeunes talents, qui trouvaient dans les ruines de Gordes, outre le ciel bleu, des ateliers adaptés à leur manque de moyen financiers s’éprirent de ce village situé entre le ciel et la pierre.

Citons parmi eux : Jean Deyrolle, Serge Poliakoff, Willy Ronis, sa célèbre photographie « le nu provençal » a été prise dans sa maison à Gordes ainsi que les photographes Isis et Hans Silvester…

André Lhote

André Lhote - © Max Boissonnet / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)

Marc Chagall

Marc Chagall - © Carl Van Vechten / Public domain

Wily Ronis

Willy Ronis - © 24images / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)

Victor Vasarely

Victor Vasarely 1906-1997

Depuis ce temps, bien d’autres sont venus et la réputation de Gordes, village d’artistes, s’est construite. C’est à Victor Vasarely que l’on doit en particulier cette image et au musée qui porta son nom qu’il a installé dans le château de Gordes pendant presque 30 ans et qui fût inauguré en 1970, par Madame Pompidou, épouse du Président de la République, dont on sait qu’il aimait l’art moderne.

Tous ces artistes peintres, sculpteurs, poètes, écrivains…, devenus gordiens pour un moment ou pour toujours ont fait rayonner le village bien au-delà de nos frontières, et si aujourd’hui Gordes est devenu un fleuron incontournable de la Provence, connu dans le monde entier c’est bien grâce à eux.

Si Gordes a abrité des personnalités artistiques bien connus, il a aussi accueilli d’autres personnalités liées à l’histoire de France.

La famille De Pluvinel

La famille de Pluvinel, originaire de la Drôme, avait donné naissance en 1552 à Antoine de Pluvinel, qui fut écuyer principal d’Henri III et d’Henri IV et qui deviendra le sous-gouverneur du Dauphin Louis, futur Louis XIII, conseiller du roi en ses conseils et directeur d’une école d’équitation. Il décrit son expérience et son enseignement de l’art équestre dans un célèbre traité, « l’instruction d’un roi en l’exercice de monter à cheval » qui est très recherché par les collectionneurs et les passionnés d’art équestre.

L'instruction du roi en l'exercice de monter à cheval (ed.1625) Livre d'Antoine de Pluvinel, gravures de Crispin de Pas / Public domain
Plaque au n°192 rue de Rivoli (Paris) © Wikimedia Commons / Mu / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)

Hôtel de Pluvinel

Hôtel de Pluvinel - Gordes

Madame De Pluvinel qui habita cet ancien hôtel particulier à Gordes  était la fille de François Clary, riche négociant de soie à Marseille. Elle avait deux sœurs qui entreront dans l’histoire ; la première, Julie Clary qui deviendra, Reine de Naples et d’Espagne, elle fût l’épouse de Joseph Bonaparte, le frère ainé de Napoléon. La seconde c’est Désirée Clary qui fût la première fiancée de Napoléon Bonaparte le 21 avril 1795 ; mais en octobre de cette même année le Général Bonaparte va faire la rencontre chez Mme Tallien de la future Joséphine et les fiançailles seront rompues.

M. de Pluvinel son mari était un gentilhomme de Provence, qui était resté aux vieilles modes monarchiques, il était coiffé à l’oiseau royal et poudré à blanc ; c’était un excellent ménage. Sa femme avait de belles robes, cadeaux de ses royales sœurs, qu’elle s’excusait presque de mettre dans sa maison de Gordes.

Mais à qui doit-on réellement cette renommée du village ? Celle-ci ne s’est pas faite en un jour… il faut alors remonter dans le temps et à l’époque du Moyen-Âge où une famille bien connue de la région construisit un château.

La Famille de Simiane (Baron de Gordes et de Caseneuve)

Cette famille, selon les vieux auteurs, "a très bien servie, en toute occasion, le Roi et la Patrie" et fut apprécié tant pour son courage que pour sa sagesse, comme le montre un "sobriquet" trouvé parmi les livres du Roi René : "Sagesse des Rambaulds de Simiane"
C'est l'une des plus anciennes et illustres familles provençales. Au début du XIIe siècle, ce fut Guirand d'Agoult qui prit le premier le nom et les armes de Simiane. Ses descendants furent seigneurs d'Apt jusqu'au XVe siècle. Pour eux, les fiefs de Caseneuve et Gordes furent érigés en baronnie et marquisat.

Les plus illustres membres de cette famille furent Bertrand-Rambault de Simiane, deuxième du nom. Maître des Requêtes de l’Hôtel du roi en 1548, président au Grand Conseil en 1551. Nommé par Henri II ambassadeur de France à la cour de Rome en 1556. Quant à Bertrand-Rambauld de Simiane, troisième du nom, il fût le premier à se faire appeler en permanence « Baron de Gordes » et c’est sous ce nom qu’il s’est rendu célèbre dans l’histoire. Il acquit son titre de gloire le plus célèbre en août 1572, alors gouverneur du Dauphiné, il refusa d’exécuter les ordres de Charles IX contre les protestants, à la Saint Barthélémy. Il répondit qu’il était « lieutenant du roi et non pas son bourreau ».

Bertrand-Rambaud de Simiane, baron de Gordes et de Caseneuve © Unknown century 16th / Public domain
Blason des Simiane, peinture, chapelle des Simiane à Gordes © Jean-Marc Rosier from http://www.rosier.pro / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)

La branche de Gordes s'éteignit en 1738 avec Jacques II de Simiane, décédé sans enfant. Cette famille compte parmi ses membres deux lieutenants généraux du roi et quatre évêques. Elle donna aussi deux chevaliers à l'Ordre de Malte entre 1526 et 1786.
La devise de la famille de Simiane était « sustentant Lilia turres » qui se traduit soit par « Le lys soutien les tours » soit par « Les tours soutiennent le lys »

Et si les secrets cachés de Gordes étaient aussi à l’extérieur du village ? Tout le monde connaît l’Abbaye de Sénanque et le village des Bories, deux bijoux situés à 4km ; mais connaissez-vous les moulins de Véroncle ?

L’activité économique de Gordes autrefois.

L’industrie gordienne, aussi bien dans la campagne que dans le village, a été importante jusqu’au début du XX° siècle.

Laine filée et « cadis », sortes d’étoffes grossières propres à faire des culottes pour les soldats et les marins, sortaient au 18° siècle de ses « carderie ». Toute la famille nourrissait des cocons de vers à soie et les murs anciens des greniers conservent toujours les trous d’accrochage des claies où l’on étalait les feuilles de mûrier, unique nourriture des « magnans ». Des filatures, dont la dernière brûla en 1887, occupaient un nombre considérable d’ouvriers et d’ouvrières. Après un incendie, ceux-ci prirent l’habitude de se rendre à L’Isle sur la Sorgue et à Fontaine de Vaucluse par un chemin qui a en a gardé le souvenir, le « chemin des fileuses ».

Croquis moulin à eau

Fonctionnement du moulin de type "à roue horizontale" © http://randojp.free.fr/

Moulin Cabrier à Gordes

Moulin à eau Cabrier

Les moulins furent l’une des grandes activités de Gordes. À blé, utilisant l’énergie de l’eau ou du vent. À olives, dit « à sang » parce qu’utilisant la force animale ou humaine. Tout un remarquable réseau hydraulique, en place dès le XV° siècle, existe dans les gorges de Véroncle. La Véroncle, torrent situé entre Murs et Gordes, permettait d’alimenter en eau les 10 moulins à céréales en aval. Un canal creusé dans la roche acheminait l’eau du ruisseau jusqu’aux roues qui, en tournant, mettait en mouvement la meule courante, produisant ainsi de la farine qui était acheminée grâce au chemin muletier serpentant au fond de la combe. Les meules sont encore visibles dans de nombreux moulins.  L’exode rural, l’essor de l’industrialisation et différents tremblements de terre, notamment en 1886 et surtout celui dit de Lambesc le 11 juin 1909 mettront un terme brutal à l’activité des moulins et des meuniers dans la combe de Véroncle au début du 20° siècle.

Cascades - Gorges de la Véroncle  © OT LCDP

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Cascade Gorges de la Véroncle 9 avril 2015 053.jpg
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